4 jours à Kyoto: entre tradition et modernité
Un séjour en automne au Japon : partie 2/7
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Jour 1: visite de Kyoto
On se réveille à Osaka en pleine forme grâce à une nuit de 10h de sommeil: ça nous permet de récupérer un peu du retard accumulé à cause du décalage horaire. On mange nos onigiri en guise de petit-déjeuner. C’est d’ailleurs une habitude que l’on gardera tout au long du voyage.
Aujourd’hui nous quittons notre logement et la suite de notre itinéraire nous emmène à Kyoto.
On fait le trajet en train (on achète nos tickets via l’IC card) et le trajet dure une trentaine de minutes.
Une fois à Kyoto, on répète la même procédure qu’à Osaka et on recherche des coin-locker afin de se libérer les épaules de nos gros sacs. Cela nous permet de faire une visite de la ville plus librement. Et tout comme à Osaka, nous en trouvons de partout. Nous arrivons même à en trouver un suffisamment grand pour y mettre tous nos bagages. Cette fois nous payerons les casiers avec l’IC card et c’est encore plus pratique qu’avec les pièces de monnaie car ici pas besoin d’avoir le change.

Nous pouvons désormais nous attaquer à la visite de la ville.
Nous voulons rejoindre le quartier de Kiyomizu mais sur le chemin, nous tombons sur un temple isolé. Nous profitons de l’absence de foule pour acheter notre Goshuinchô. Il s’agit d’un carnet qui coûte 1000¥ et qui sert à recueillir les tampons des lieux de culte, les goshuin. Avoir un Goshuinchô est un moyen pour nous de garder une trace des temples et sanctuaires visités. Faire la collecte des goshuin est aussi un petit moment de jeu quant à savoir si la calligraphie sera à notre goût. On prend également le temps d’observer les différences entre chacun. De ce qu’on a pu lire, les japonais collectionnent aussi ces tampons plus en guise de souvenir que pour leur signification religieuse qui occupe une part de moins en moins importante au fur et à mesure du temps.
Auparavant afin de recevoir un Goshuin, il fallait réciter une prière ou écrire un sutra. Aujourd’hui il vous faudra débourser la plupart du temps 300¥au comptoir du temple et en demandant Goshuin itadakemasu ka (Puis-je recevoir un Goshuin ?).
Généralement le goshuin sera réalisé par un moine et après son apposition il vous faudra attendre quelques instants qu’il sèche. Dans d’autres cas, plus rare, on vous donnera une feuille à coller dans votre carnet. Alors si comme nous, vous préférez collectionner les Goshuin directement apposés dans votre carnet, n’hésitez pas à vous renseignez à l’avance si le tampon sera fait fraichement ou si on vous donnera une feuille qu’il vous faudra ensuite coller dans votre carnet.





Nous reprenons ensuite notre route afin de rejoindre une des rues du quartier de Kiyomizu.
Alors que nous étions relativement tranquilles jusqu’à présent, nous nous retrouvons amassés dans une foule de touristes dans la rue de Matsubara-dori. Ce n’est pas non plus une grosse surprise car le quartier est connu pour ses affluences touristiques importantes. Le quartier est bordé de ruelles très typiques et pleines de charmes, entre autre Sannenzaka et Ninenzaka, qui sont deux ruelles pavées bordées de maisons typiques, de petits commerces pleins de charme et de stand de rue. Je vous recommande d’en profiter principalement avec les yeux car ici les prix on tendance à être plus élevés. Le nom de ces ruelles signifient littéralement la pente des 3 ans et la pente des 2 ans. Diverses légendes existent à leur sujet: une d’elle raconterait que si vous tombez dans une de ces rues, il ne vous resterait respectivement que 3 ou 2 ans à vivre. Alors si vous êtes superstitieux, gardez bien vos appuis!
Nous nous arrêtons dans une des boutiques Ghibli de la ville. Nous subissons un peu car le commerce est très petit et plein à craquer. Pas de regret de ne pas s’être attardés plus que ça, car nous retrouverons des goodies semblables dans de nombreuses autres boutiques, à Kyoto et en-dehors.
Nous réussissons à nous réinsérer dans la foule de la rue afin de continuer à explorer la zone et surtout d’atteindre le temple Kiyomizu-dera. Le temple surplombe la ville et offre un très beau point de vue. D’ici on prend pleinement conscience du charme de Kyoto qui est entre traditions, avec ces très nombreux temples, et modernité. De très nombreuses personnes sont habillés en yukata ou en kimono. Il s’agit aussi bien de japonais que de touristes, de nombreuses boutiques proposant la location de cet habit traditionnel en amont du temple. L’entrée du temple est payante et est de 400¥ (environ 3€) mais il est très grand et agréable à visiter. Nous en profitons aussi pour compléter notre collection de Goshuin. On y voit également des statuettes Jizô, ces statuettes de pierre souvent vêtues d’un bonnet et d’un bavoir généralement rouge. Cela nous rappelle le voyage de Chihiro ou encore Zelda. Ces statuettes ont de nombreuses significations et si vous voulez en savoir plus, n’hésitez pas à lire cet article qui en parle très bien.






On se dirige ensuite vers le restaurant Gion Soy Milk Ramen, un restaurant 100% sans gluten. Ce n’était pas notre premier choix mais trouver un restaurant ouvert à midi à Kyoto et proposant des options sans gluten s’est avéré plus compliqué que prévu.
En chemin, Kévin et Nicolas s’arrêtent à des stands de rue pour manger des boulettes frites fourrées au fromage pour l’un; au poulpe pour l’autre.
Nous profitons que le restaurant soit 100% sans gluten pour goûter divers plats typiquement japonais: des gyozas avec différentes garnitures, des ramens et des boissons au matcha ainsi qu’à la fleur de cerisier. Tout y est très bon et nous découvrons encore une fois de nouvelles saveurs. Les ramens sont cependant un peu trop épicés et nous lâcherons une ou deux larmes pendant le repas. A la fin du repas, Nicolas essaie pour la première fois de dire en japonais que le repas était délicieux. On a épluché divers sites internet afin de recouper les informations et être sûrs de le dire de la meilleure manière qui soit. On s’arrête sur Totemo yokatta desu. La gérante semble embarrassée mais nous ne savons dire si cela vient du compliment qui la gêne ou parce que la phrase a été dite en la regardant dans les yeux. Il est vrai qu’on avait pu lire et qu’on a pu constater que les japonais sont très embarrassés qu’on les regarde dans les yeux mais ce n’est pas facile de perdre nos habitudes de toujours. Il faudra qu’on réessaie.





Nous continuons la journée en se baladant dans le quartier de Gion et nous rencontrons enfin des routes avec un trafic plus important pour atteindre le Yasaka-jinja. Ce vaste sanctuaire shinto est connu pour accueillir le Gion Matsuri en juillet et est un lieu de célébration lors du passage à la nouvelle année. De nombreuses personnes se rendent également dans le parc qui lui est accolé, le parc Maruyama en période d’ohanami, c’est-à-dire lors de la floraison des cerisiers. Actuellement, aucun évènement particulier ne s’y tient mais nous profitons tout de même des divers stands de rue présents à l’entrée du temple. Nicolas succombera pour quelques yakitori.


Nous nous dirigeons ensuite vers le Nishiki Market, un marché très connu pour ces nombreux étalages et stands de rue. Vous pourrez aussi bien y retrouver des produits frais, que des produits déjà cuisinés que quelques boutiques de ventes d’ustensiles pour la cuisine et quelques échoppes de souvenirs. Malgré l’heure avancée, c’est ultra bondé. On aura des difficultés à vraiment profiter des stands. Nicolas pourra quand même goûter un petit poulpe braisé.
Je vous recommande vivement d’y aller dès l’ouverture si vous souhaitez vraiment pouvoir en profiter. Le mercredi et le dimanche certains des stands seront fermés alors évitez ces jours si vous souhaitez jouir de l’expérience la plus complète possible.




Nous retournons ensuite à la gare afin de récupérer nos sacs.
Nous passons devant le Higashi Hongan-ji illuminé, un complexe bouddhiste figurant parmi les plus grandes constructions en bois au monde. Il a été construit en 1602 et fut restauré pendant une partie du XIXe siècle suite à l’incendie qui l’a ravagé.
Nous croisons aussi le chemin de la Kyoto tower, un édifice bien plus moderne, et qui avec ses 131m est la plus haute structure de la ville.



La journée n’est toujours pas finie car il nous faut désormais rejoindre notre logement et trouver ce dernier.
Il se situe dans de petites ruelles non loin du château Nijo-jô que nous rejoignons en train puis nous marchons pendant une petite vingtaine de minutes sous la pluie. Nous arrivons dans une ruelle très sombre que nous éclairons tant bien que mal avec nos portables. Les explications fournies par notre hôte Airbnb sont peu détaillées et les réponses à nos questions ne nous aident pas. C’est finalement un des rares japonais passant par là qui nous indiquera notre logement !
On dépose nos bagages, on prend une douche bien méritée, on va au 7/11 le plus proche, on dîne et on rejoint nos futons avec beaucoup de joie.
Je vous mets ici une vue de notre itinéraire (je vous passe toutes les petites rues dans lesquelles nous nous sommes perdus ou avons fait des détours volontaires).

Jour 2: Arashiyama
On poursuit notre visite de Kyoto et ses alentours en se rendant dans la localité d’Arashiyama très connue pour sa forêt de bambou.
On s’y rend en train, le trajet est direct et dure une quarantaine de minutes.
Nous arrivons à la station de Saga-Arashiyama.
Nous commençons notre balade par la bamboo grove. Nous sommes arrivés suffisamment tôt pour que les lieux soient encore relativement peu peuplés et c’était utile car c’est très petit ! Heureusement il y a pleins d’autres choses à voir à Arashiyama et malgré ce que vous pourrez lire ici et là, pour moi le meilleur n’est pas dans la « forêt » de bambous mais plus dans le parc attenant qui offre une très belle vue sur la rivière Katsura et les bosquets à proximité. Nous profitons tout de même d’être là pour faire comme tout le monde et faire notre petite photo entourés de bambous.
Puis nous continuons notre chemin vers le parc d’Arashiyama. On fait un détour vers la mare d’Ogura. Les nénuphars ont tous fanés mais la vue est tout de même agréable et envahie de (magnifiques) araignées jaunes.
On parcourt le parc jusqu’au point de vue puis on redescend sur les bords de la rivière Katsura depuis lesquels on s’amuse à faire des ricochets et décrocher des sugoi de la part des japonais.













On paie ensuite l’entrée du Tenryu-ji afin d’accéder au jardin des fleurs. Il n’y a que peu de fleurs à cette période mais on peut tout de même contempler un jardin comme seuls les japonais savent le faire. On aperçoit aussi les érables qui commencent à montrer quelques feuilles rouges. Cependant il est encore trop tôt pour pouvoir pleinement en profiter et leur rougeoiement devrait être à leur summum en novembre.




On rejoint ensuite le centre d’Arashiyma. C’est un petit centre-ville très mignon. Les rues sont jonchées de restaurants, stands de rue et de magasins de souvenirs.
On traverse la rivière Katsura pour rejoindre un restaurant de shabu-shabu. Le concept de ces restaurants est de faire cuire de la viande coupée en très fines lamelles et persillée à souhait ainsi que des des légumes dans de l’eau dans laquelle une algue konbu a été placée. Une fois cuit chacun des éléments peuvent être trempés dans diverses sauces (sauce soja, sauce ponzu et sauce au sésame). Le bouillon et les sauces sont adaptés pour Eva comme décrit dans le guide de sans gluten au Japon.
On vit une vraie expérience japonaise ici et nous mangeons sur des tatamis après avoir enlevé nos chaussures: l’immersion est totale.
On finit notre repas sur une touche sucrée dans un stand de rue avec un daifuku à la fraise pour Nicolas et une brochette de fraises caramélisées pour Kévin et Eva.


On se dirige ensuite vers le café % arabica très connu pour son café de qualité. Il est vrai qu’il nous est difficile de boire du café dans ce pays où le thé est roi et nous voyons ce petit magasin comme une aubaine. Cependant la longue file d’attente et les prix élevés (8€ l’expresso) nous font faire faire demi-tour.
La pluie arrive et on se réfugie dans le premier petit café qui se trouve sur notre route. Il s’agit d’un café Costa qui sait nous amener quelques spécificités japonaises et la commande se passe avec une machine similaire à celle utilisée dans les restaurants de ramens.
On retourne vers la gare et on se prend une glace au matcha (la gourmandise est sans fin/faim). Comme toutes les friandises japonaises, elles sont moins sucrées que chez nous et c’est totalement à notre goût. Le matcha est aussi ici beaucoup moins amer que chez nous et Nicolas et Eva réapprennent à l’aimer.

Je vous partage via ce lien une vue sur notre itinéraire dans Arashiyama: Trajet Google maps.
On rentre à Kyoto et sur le chemin retour on tombe par hasard sur un temple.
C’est incroyable le nombre de temples qui se cachent dans Kyoto. Ils offrent de véritable havre de paix et coupent totalement du brouhaha de la ville: c’est très agréable et ça change de l’expérience que l’on peut avoir dans une ville européenne classique.
On continue notre route vers Toshoan, une boulangerie 100% sans gluten, afin qu’Eva puisse s’acheter quelques encas sucrés.




On finit la journée avec des petites courses pour le dîner dans notre konbini favori, le 7/11.
Jour 3: Fushimi Inari et le Sud de Kyoto
Ce matin on prend le train de bonne heure afin d’arrivée tôt à Fushimi Inari qui est une autre localité prisée des touristes et célèbres pour ses très nombreuses torii, plusieurs milliers, disposées jusqu’au sommet de la montagne Inari située à 233m au-dessus du niveau de la mer. Fushimi Inari-Taisha est un complexe de petits sanctuaires dédiés à la déesse du riz Inari qui a été érigé en 711 et dont l’entrée est gratuite.
Nous arrivons vers 9h. C’est un chouille trop tard car il y a déjà pas mal de monde surtout au niveau des premières torii, celles directement positionnées avant les premières marches. Le nombre de personnes diminue au fur et à mesure que nous gravissons les escaliers et cela devient plus agréable.
On prend plaisir à observer les différentes torii qui varient en tailles mais aussi en matériaux car elles proviennent de donateurs différents. Ces fragiles torii sont changées régulièrement et coûtent entre 175 000 et 1 300 000¥. On voit bien au cours de notre balade l’effet du temps sur ces structures: certains sont cassées, ont été coupées, les peintures sont parfois écaillées ou patinées mais cela fait partie du charme du lieu.
Au fur et à mesure de la montée se loge également divers sanctuaires riches en renards (kitsune): ce n’est pas pour rien que l’autre nom donné au Fushimi Inari-Taisha est le sanctuaire des renards. Les renards seraient des messagers d’Inari. Ils sont parés de divers objets et portent parfois des vêtements dont le fameux bavoir rouge que l’on retrouve régulièrement au Japon. Cela permet de personnifier les statues.
On accède à de jolis points de vue sur Kyoto au fur et à mesure de l’ascension.
Puis nous arrivons au sommet sans trop nous en rendre compte. Nous nous attendions à avoir une vue bien dégagée ou un joli temple mais nous ne trouvons qu’un sanctuaire. Ca reste agréable et après nous y être baladés, nous prenons le chemin de la descente.
Nous faisons l’aller-retour en 2h environ













On reprend ensuite le train pour le centre de Kyoto. Au cours de l’ascension, nous avons rencontré des français qui nous ont conseillé un restaurant de curry japonais nommé Curry Koisus. C’est vrai que les photos nous interpellent et quand bien même Eva sache que les curry japonais sont réputés comme peu compatibles avec un régime sans gluten, on tente notre chance. On arrive dans une petite rue calme et nous nous renseignons pour les options sans gluten. Comme attendu, il n’y a pas de possibilité pour Eva si ce n’est manger du riz. On le propose quand même afin que Kévin et Nicolas puissent profiter de l’expérience mais cela n’est pas envisageable pour le chef: ce n’est pas le plat qu’il propose et on sent presque de la vexation que l’on propose ce genre d’alternative. Nous passons donc notre chemin. Cependant si vous n’avez pas de restrictions alimentaires, je pense que ce restaurant vous offrira une expérience que vous ne retrouverez pas en Europe, en tout cas c’est ce que semble dire les avis trouvés sur Google.
On regarde ensuite quelles sont les options proches de nous. On trouve un Ain Soph.. C’est une chaîne de restaurants qui proposent des plats occidentaux mais aussi d’origine plus orientale. Ils proposent des alternatives à divers régimes alimentaires dont le sans gluten. Cette chaîne de restaurants est à priori assez populaire auprès des japonais. De notre côté, on préfère bien plus les restaurants japonais et on se dit que c’est un bon restaurant de dépannage.
Après un petit crochet au Starbucks (avec une très belle vue sur la rivière Kamo-gawa), on prend le métro pour la première fois.
C’est moins simple que le train: toutes les entrées de métro ne communiquent pas entre elles et il y en a beaucoup ! On tente notre chance (un peu aléatoirement) pour voir à quoi ça ressemble. Plusieurs lignes sont accessibles pour chaque entrée et on pense avoir trouvé celles que nous devons prendre. On passe le portique avec notre IC card mais malheureusement ce n’est pas la bonne ligne. On essaie de ressortir, toujours en utilisant notre IC card, mais les portes habituellement ouvertes, se ferment, nous empêchant de sortir. On finit par utiliser le bouton d’appel disposé au niveau des portiques. On tombe sur un agent qui ne nous parle qu’en japonais: cette fois on ne peut pas communiquer avec des gestes. On arrive quand même à se faire comprendre, l’agent devait mieux comprendre l’anglais que ce qu’il ne disait, et les portiques s’ouvrent au passage de notre IC card.
Une fois de retour à la surface, on cesse l’aventure et on s’appuie sur Google maps pour trouver le numéro de l’entrée de métro que l’on doit prendre. Ainsi c’est plus simple et on arrive à bon port sans problème.
On s’arrête à la station Nishioji Oike Station et on fait le reste du trajet à pied. 3,3kms nous séparent du temple: on essaie de faire un maximum de trajets à pied car nous sommes motivés pour voir le maximum de la ville. Ce trajet ne nous permettra cependant pas de voir des choses qui sortent vraiment de l’ordinaire: on suit un grand axe routier et il n’y a pas grand chose à voir.
On arrive au Kinkaku-ji où une foule est déjà présente (oui c’était un peu la journée des attractions hyper touristiques aujourd’hui). On paie les 500¥ requis pour entrer. Ce temple, aussi appelé pavillon d’or, est très prisé par les touristes mais plus boudés par les japonais qui lui trouvent un côté un peu trop bling-bling; il correspond cependant plus au goût des chinois.
Le site est très joli: le reflet du temple sur l’étang vaut le coup d’œil. Cependant la visite est vraiment entachée par la horde de touristes présents. Si vous vous préparez à visiter le Japon et que vous souhaitez profiter de la zenitude et du calme apportés par la visite des temples, passez votre chemin: vous trouverez pleins d’autres temples à Kyoto qui répondront plus à vos attentes. Le Ginkaku-ji est souvent nommé comme alternative moins touristique du pavillon d’or.




On rentre à notre logement pour faire une rapide lessive et on regarde où manger. Nous sommes un peu excentrés et peu d’options sans gluten s’offrent à nous.
On décide donc de passer la soirée dans le centre de Kyoto que l’on rallie facilement en métro. On se dirige vers Engine ramen, un restaurant réputé pour ces ramens. Il y a de l’attente (45 min) mais pas besoin d’attendre sans rien faire, on nous donne une heure à laquelle revenir. Ca nous permet de visiter de nouvelles rues de Kyoto et ce de nuit. La vie nocturne est beaucoup plus animée et désinhibée. On fait un crochet par le Nishiki market dans lequel la plupart des stands sont fermés mais Nicolas pourra quand même se régaler avec des takoyaki (des boulettes à base de poulpe frites, spécialité d’Osaka). Nicolas et Kévin pourront également manger un tayiaki, ces fameuses pâtisseries en forme de poisson et proposant différentes saveurs de fourrage (haricots rouges, crème pâtissière, châtaigne…).
On revient à Engine ramen à l’heure qu’on nous avait donnée et on nous fait directement rentrer dans le restaurant. On se régale littéralement avec nos ramens respectifs. Le staff parle également très bien anglais ce qui facilite la communication. En fin de repas, Nicolas tente pour la seconde fois Totemo yokatta desu afin de signifier qu’il a trouvé le repas très bon (ce qui est vrai). Cela aura le même effet que la première fois. La serveuse baissera le regard et nous apparaitra embarrassée de la remarque. Cette fois encore, on l’a regardé dans les yeux tout en prononçant la phrase et on ne sait dire si cela vient de la phrase ou de notre gestuelle.






Jour 4: Obubu Tea Farm, visite guidée pour devenir Tea Master
Aujourd’hui nous avons prévu une initiation au thé. Le programme est chargé et comporte une présentation en salle, une visite des champs de thé, un déjeuner et une dégustation. Notre choix s’est arrêté sur Obubu Tea Farm car leur programme nous semblait le plus complet avec 4h dédiés au thé.
La journée commence par notre trajet jusqu’à la localité de Wazuka connue pour ses activités agricoles que ce soit le riz mais aussi le thé pour lequel elle est réputée à travers tout le Japon.
S’y rendre n’est pas le plus simple mais lors de notre inscription au tour guidé, nous avons reçu des indications très claires sur comment nous rendre jusqu’à la ferme.
On prend le bus pour la première fois. On s’arme de Google maps pour être sûrs qu’on s’arrête au bon arrêt. Pour le ticket, tout se passe dans le bus. On n’a pas le change alors on passe un billet dans la machine présente dans le car: elle nous fournit la monnaie nécessaire pour payer notre ticket.
Lors de notre arrivée, on observe pour la première fois des paysages de la campagne japonaise. On se retrouve au milieu de côteaux avec des cultures de thé et de riz de partout. Là encore ses paysages ne nous sont pas non plus totalement inconnus et on reconnait bien les paysages dessinés dans les divers films des studios Ghibli.
La ville de Wazuka est d’ailleurs rentrée dans l’association « les plus beaux villages du Japon » en 2015.



Nous sommes accueillis par Hiro, un passionné de thé haut en couleur. Il est dynamique et enjoué ce qui lui permet de transmettre sa passion de façon ludique et interactive. On rencontre également les stagiaires actuels qui participeront largement au tour guidé.
Pendant la présentation, on nous sert différents thés avec des goûts très différents: tout le monde y trouvera son compte. Nous goûtons entre autre:
- Au Genmaicha (mélange de thé vert et riz grillé)
- L’hojicha (thé vert torréfié) avec différents niveaux de torréfactions.
- Le Thé Sencha après différents temps d’infusion mais aussi avec des fleurs de cerisier
On nous explique qu’il existe 3 saisons de récolte du thé: la récolte du printemps qui a lieu entre fin-mars à début mai, la récolte de l’été de mi-août à mi-septembre, et la récolte d’automne qui aura lieu entre fin septembre et début novembre. La récolte du printemps est celle qui donne le thé le moins amer car les feuilles n’ont pas encore été exposées à de fortes chaleurs. Or c’est cette dernière qui est entre autre responsable de la libération de la catéchine qui donne son goût amer au thé. Les japonais qui craignent générlement l’amertume apprécient donc tout particulièrement le thé du printemps celui qu’on appelle le ichibancha.
Le thé Sencha a longtemps été le thé le plus cultivé au Japon mais le thé Matcha occupe une part de plus en plus importante du fait de la demande à l’international qui a largement augmenté ces dernières années.
On nous explique comment sont récoltées les feuilles en se rendant dans les champs puis on nous détaille le processus de fabrication traditionnel du thé. Pour le décrire au mieux, on passe au travers de l’usine ce qui nous permet de bien visualiser le processus.
- La récolte: le processus commence par la récolte des feuilles. Après la récolte, les feuilles doivent être rapidement transportées afin de limiter tous les phénomènes d’oxydation.
- La fixation: La fixation est nécessaire pour la production de thé vert. Le processus d’oxydation est arrêtée afin de fixer la couleur verte des feuilles mais aussi les arômes. Ce processus est ici réalisé avec de la vapeur.
- Le roulage: C’est pendant cette étape que les arômes du thé sont libérés. Les différentes pressions exercées permettent de casser les cellules qui libèrent leurs composés aromatiques et de donner leur forme caractéristique aux feuilles: une forme d’aiguille. Le roulage se fait ici en 4 étapes: un roulage grossier, un roulage primaire, un roulage secondaire et un roulage final. Seul le dernier est réalisé avec une machine. Cette étape est surement l’une des plus délicate les feuilles étant chaudes, les feuilles ne devant pas être broyées, ni cassées.
- Séchage en machine: Au cours du roulage, les feuilles commencent à être séchées mais une étape finale de séchage est requise. Il s’effectue en machine. Il permet aux feuilles de garder leur forme en aiguille, cette forme qui a été façonnée tout au long du processus de fabrication. Alors qu’en entrée, les feuilles ont une teneur en eau de 80%, en fin de processus de fabrication elles ne contiennent plus que 5% d’eau.
- Le processus de fabrication se termine par un tri (élimination des tiges et autres résidus non souhaités), et le conditionnement.
Après le repas de midi, on retourne en salle pour passer à la pratique.
On infuse du thé Sencha à 60°C pendant 90 secondes puis à 80°C pendant 15 secondes. L’infusion à basse température permet de limiter l’amertume du thé car cela libère moins de composés mais aussi parce qu’à basse température on sent juste moins l’amertume.
On nous propose également de manger les feuilles du Genmaicha en salade. Pour ce faire, les feuilles ont été préalablement assaisonnées avec de la sauce soja. Eva ne pourra y goûter mais tout le monde semble agréablement surpris par la dégustation
On apprend également à préparer un thé matcha. On commence par ajouter un tout petit peu d’eau à température ambiante: cette étape permet d’éviter la formation de grumeaux, c’est pareil que pour la préparation d’un appareil à crêpes. Puis on ajoute de l’eau à 80°C et on fouette notre mixture avec un fouet en bambou (chasen) en faisant un mouvement de W et de M. Le but est ici de créer le plus de bulles possibles afin d’exalter au maximum le goût du thé. Alors que Nicolas et Eva ne sont pas friands du thé matcha, trop amer à leur goût, celui-ci se boit comme du petit lait. Le Japon est connu pour faire plus attention à la qualité qu’à la quantité, ce qui pourrait expliquer cette différence de goût.
Enfin nous finissons la dégustation avec un thé infusé à froid: on place 3 glaçons sur des feuilles de thé et on attend qu’ils fondent. Malheureusement après la dégustation du thé matcha, on ne sent plus grand chose. L’expérience sera à reproduire.
Le tour se termine ainsi et nous a beaucoup plu et je ne peux que vous recommander de le faire si vous avez du temps lors de votre séjour au Japon.








On finit la journée avec un 2nd round à Engine Ramen puis on rentre à notre logement pour faire notre sac. C’était en effet notre dernier jour à Kyoto et demain on se dirigera vers Onomichi pour réaliser le Shimanami Kaido en vélo.
Notre avis sur Kyoto et ses alentours
Nos 4 jours à Kyoto et ses alentours nous ont permis d’avoir un aperçu de cette ville qui a su garder son charme d’antan en conservant de nombreux temples tout en se modernisant dans son centre-ville.
Les transports en commun sont nombreux et accessibles: se déplacer est un véritable jeu d’enfant tout comme cela est le cas dans les autres villes japonaises qu’on a faites. Le nombre de JR line est cependant limité et d’un point de vue économique il n’est pas forcément favorable d’avoir un JR pass.
Le seul et unique bémol que j’apporterai à Kyoto sont les vélos. Les vélos sont de partout sur les espaces piétons et ils sont rois. A Kyoto, les cyclistes ne vous porteront que peu d’attention et nous avons manqué de peu de percuter des vélos à de nombreuses occasions; dans les autres villes, les cyclistes seront plus attentionnés vis-à-vis des piétons. Nous avons finalement fini par toujours avancer en file indienne sur les trottoirs afin de toujours laisser de l’espace pour les vélos: on n’avait plus à être à l’écoute de ces derniers et on ne devait plus tourner la tête dans tous les sens pour vérifier qu’aucun n’arrivait dans notre direction.
Vous entendrez peut-être que Kyoto s’est fait envahir par le tourisme de masse mais je viendrai le nuancer. Pour notre part, nous avons « souffert » sur certains sites mais ce sont des sites connus pour être hyper touristiques. Si vous craignez cela, évitez juste ces attractions en particulier le Kinkaku-ji. En ce qui concerne Fushimi Inari Taisha, une fois les premières torii passées la foule se dissipe et concernant Arashiyama évitez juste « la bamboo grove ».
Enfin nous sommes partis en octobre qui est une période de moindre influence comparativement à avril cela joue peut-être sur notre ressenti.
Malgré ce bémol, nous n’avons pas vu passer ces quelques jours et en 4 jours vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer. Il y a beaucoup de choses à faire ici et vous pouvez prévoir de passer plus de temps à Kyoto. Initialement nous avions prévu d’y passer 6 jours mais nous avons finalement raccourci cette durée afin d’équilibrer les expériences pendant notre séjour.
COMMENTAIRE
-
Super article, facile à lire et tout y est bien expliqué, j’adore.
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