Une nuit en ryokan inoubliable et authentique

Nous avons passé une nuit à Hakone. Au pied du Mont Fuji, la ville est réputée pour ces ryokan qui offrent ainsi des onsens avec une eau des plus chaudes. Mais leur atout est surement la vue incroyable qu’ils offrent ainsi que les innombrables marches faciles d’accès et qui donnent sur le Mont Fuji. Cette expérience, à elle seule, nous a beaucoup appris sur la culture japonaise mais surtout a su ravir nos papilles. Le chef a su s’adapter au sans-gluten pour Eva et nous sommes repartis avec des estomacs ravis mais un peu trop prêt à déborder.

Ce site ne contient aucun lien d’affiliation ce qui nous permet de vous partager notre expérience en toute transparence.

Connaissez-vous le terme de ryokan ? Si oui, je vous recommande de sauter ce paragraphe sinon ces quelques lignes éclaireront surement vos lanternes et vous aideront à savoir si c’est le genre d’expérience que vous voulez vivre pendant votre séjour.

Un ryokan c’est un hébergement typiquement japonais assez inqualifiable. Ce n’est ni une auberge, ni un hôtel mais ce qui est sûr c’est que vous y serez traités comme des rois.
Généralement ces hébergements sont plutôt traditionnels avec un sol en tatami, des futons pour lits, des onsens privatifs ou publics parfois même en extérieur. Il existe aussi des ryokans plus modernes avec de vrais lits et sans le sol en tatami. Cette offre est cependant plus rare à l’heure actuelle.
Dès votre arrivée, des vêtements traditionnels vous seront fournis : des yukata comprenez des kimono d’été.

Le point culminant se situe surement dans les repas cuisinés par les bons soins du chef qui vous seront amenés, généralement, directement dans votre chambre. Le dîner se fait en plusieurs services et met à l’honneur la cuisine japonaise, on parle alors de cuisine kaiseki. Pour vous donner un exemple, lors de notre expérience, le repas s’est déroulé en 10 services. Les assiettes avaient beau ne pas être copieuses, nos ventres étaient un peu trop pleins à la fin du repas. J’imagine que sur cet aspect, l’expérience est comparable à un dîner dans un restaurant étoilé français. Comme très souvent au Japon, la cuisine est de saison et le menu change donc régulièrement. Difficile de le connaître à l’avance mais l’effet de surprise contribue à ce que l’expérience soit encore plus exceptionnelle.

Bien sûr cela a un prix et il faudra généralement compter au minimum 100€/nuit/pers pour les moins chers. Cela dépend aussi grandement de la ville sur laquelle votre choix s’arrêtera.
Alors bien sûr, avec de tels tarifs, avant de nous lancer nous avons écumer les sites internet pour savoir si l’expérience en valait le coût. L’immersion dans la culture japonaise, tester des onsens privatifs en extérieur et le dîner kaiseki étaient les 3 points qui nous donnaient envie de tenter l’expérience. Autant sur les 2 premiers points tout le monde était formel et élogieux, autant la cuisine kaiseki ne faisait pas l’unanimité. Certains parlaient de cuisine avec peu de goût, trop copieuse avec ce repas en plusieurs services ou encore de trop nombreuses fioritures avec peu de valeur ajoutée au niveau gustatif. Comme vous l’avez compris, malgré ces retours partagés, nous avons décidé de sauter le pas et nous ne regrettons rien. A vous de juger avec le reste de l’article.

Nous partons de Takayama pour rejoindre Hakone. Le trajet prend quelques 5h avec 2 trains et 1 bus. Ca peut paraître beaucoup mais les trains sont tellement ergonomiques et faciles à prendre au Japon que finalement ça passe vite.
Le 1er train nous emmène jusqu’à Nagoya et nous profitons de ce changement pour acheter un casse-croute. Et comme dans toutes les gares japonaises, il y a du choix. Les échoppes ainsi que les enseignes proposant du take-away sont nombreuses. Comme souvent au Japon, se sont les souterrains qui vous offriront le plus de choix avec des étages entiers dédiés à la nourriture. Nicolas se laisse tenter par un ekiben, un bento proposant une variété de petits plats japonais.. Malheureusement Eva n’a jamais réussi à en trouver des sans-gluten. Elle se rabat sur un konbini et leurs classiques onigiri. Le tout est complété avec des frites de patate douce. C’est simple mais délicieux. Quant à Kévin qui n’aime pas trop oser les nouvelles saveurs, prend un sandwich. Il y en a vraiment pour tous les goûts et tous les palets. Contrairement à ce qu’on pourrait penser les prix en gare dans les konbini sont identiques à ceux que nous pourrions trouver en dehors. Il n’en va pas de même pour les prix des ekiben et autres plats à emporter des gares qui ont tendance à être légèrement plus élevés en gare mais franchement ça vaut le coût de se laisser tenter tellement la nourriture y est bonne. C’est également extrêmement pratique: pas besoin d’organiser à l’avance et ça donne accès à de la nourriture fraîche et très typique.

Une fois nos emplettes faites, nous montons à bord de notre second train qui nous amène jusqu’à Odawara.
De là nous prenons un bus qui nous amène jusqu’à Hakone et à quelques 100m de notre ryokan. C ‘est surement ce dernier trajet qui fut le moins plaisant. Nous nous retrouvons entre touristes, avec des énormes valises difficiles à caser. Nous montons en altitude et le trajet est sinueux et tortueux. Nous nous faisons malmener pendant le trajet tandis que les valises se font chahuter de droite à gauche au fur et à mesure des coups de volant du chauffeur.

Notre itinéraire de Takayama à Hakone

Dès la sortie du bus, nous en prenons plein la vue avec le lac Ashi et sa célèbre torii ! Nous finissons le chemin jusqu’au ryokan à pied. Il n’y a pas beaucoup et heureusement car ça monte !

Nous voilà devant l’entrée du Hananoyado Fukuya, le ryokan que nous avons choisi. L’entrée est coquette et le jardin japonais parfaitement entretenu nous immergent directement.

Nous arrivons avant l’heure du check-in alors nous sommes hésitants. Nous tentons quand même notre chance et nous sommes directement accueillis par un majordome qui est au petit soin pour nous, comme le veut la politesse à la japonaise. Malgré son âge avancé, il insiste pour prendre nos bagages qui pèsent leur poids. Cela nous met presque mal à l’aise mais nous n’insistons pas trop car nous savons que ça pourrait être disrespectueux. Une fois nos bagages mis de côté, il emmène Eva choisir son yukata ainsi qu’un petit masque de beauté compris dans le prix du séjour. Il nous emmène ensuite dans un petit patio équipé de fauteuils on ne peut plus confortable. Kévin, qui a procédé à la réservation, reçoit tous les honneurs et se fait appeler sir Kévin par le majordome. Il en aurait presque les chevilles qui enfleraient. Le majordome demande donc à sir Kévin ce que nous désirons comme boisson. Nous optons tous pour un thé au matcha que nous avons définitivement appris à apprécier depuis notre arrivée au Japon (nous en parlons notamment dans cet article).
Nous découvrons ensuite notre chambre. C’est totalement dans le goût japonais et c’est exactement ce que nous sommes venus chercher. Après avoir pris une rapide douche, nous nous jetons dans le bain extérieur privatif qui nous attend ! C’est agréable, surtout en extérieur mais soyons honnêtes c’est très chaud et nous n’y restons pas non plus des heures.

Une fois cette petit baignade finie, nous revêtons nos yukata et nous nous préparons pour le repas.

Quelques minutes plus tard, nous entendons une petite main toquée à notre porte. C’est Elie, magnifiquement vêtue dans un kimono, elle s’occupera de nous servir notre dîner ainsi que notre petit-déjeuner. Elle aussi est très accueillante: toujours le sourire aux lèvres, elle fait tout son possible pour répondre à nos besoins même si son niveau d’anglais est basique alors elle n’hésite pas à se munir de son téléphone pour traduire du japonais à l’anglais. Soyons honnêtes: nous sommes tendus à chaque fois qu’elle entre… Nous ne voulons pas faire de bêtise mais nous ne savons pas comment nous devons nous comporter. Ca crée un peu un malaise et dès qu’elle entre nous ne parlons plus et restons sagement assis sur nos tibias comme cela nous semble être de manière. On sent qu’elle n’aurait pas été interpellée par un peu plus d’agitation mais d’embarras nous restons stoïques…enfin lorsque nous y arrivons. Oui, oui nous avons bien une petite anecdote à ce sujet, soyez patients elle arrive.
Notre premier plat est servi et nous commençons à déguster. C’est tout simplement exquis. Nous découvrons de nouveaux produits et de nouvelles saveurs très harmonieuses et en accord avec l’umami. Comme attendu, les produits sont frais et de saison, ça ne rigole pas ! Le service se réalise en quelques 10 services et Elie enchaîne les allers et venus dans notre chambre. On a bien du passer 1h30 à 2h pour tout manger.
Le chef a fait de son mieux pour adapter les plats en sans-gluten. De la sauce soja sans gluten a même été spécifiquement achetée pour l’occasion. Mais occasionnellement des éléments du plat ont dû être enlevés pour satisfaire le sans-gluten. Très honnêtement cela n’a pas gêné Eva car l’équilibre des saveurs et la découverte culinaire étaient toujours là.
C’est sûrement Kévin qui a le plus peiné à finir ses plats. Entre le riz et le poisson, 2 aliments qu’il n’aime pas, il a été servi. Il a quand même su reconnaître la qualité et la fraîcheur des aliments qui nous étaient proposés.

Nous partons nous coucher totalement repus. Les futons sont disposés dans une même chambre mais cela ne nous dérange pas. Cela nous permet surtout de tester pour la première fois de vrais futons japonais et franchement on y dort plutôt bien même si ce n’est pas des plus adapté pour les plus grands.

Le lendemain matin, Kévin se réveille avec des gouttes de sueur sur le front. Le petit-déjeuner devrait arriver dans quelques minutes et il appréhende un nouvel épisode de riz et de poisson. Nous tentons de le rassurer comme nous le pouvons mais ça ne manque pas: ils se sont encore invités au menu. Cette fois la petite dizaine de plats qui constitue notre petit-déjeuner sont tous amenés en une fois. Quand Kévin prend l’ampleur de ce qui l’attend, il nous regarde totalement déprimé. On ne peut pas s’empêcher d’exploser d’un rire nerveux avec Nicolas alors qu’Elie est toujours là. Nous sommes gênés mais nous n’arrivons pas à nous contenir… Elie s’interroge de la raison de se fou rire et heureusement pour nous elle ose nous le demander, la plupart des japonais n’aurait probablement pas osé. Nous lui expliquons mais elle ne semble pas vraiment convaincue: elle doit se dire que ce n’est pas crédible. Qui oserait venir manger dans un ryokan en n’aimant ni le riz, ni le poisson qui plus est sans le spécifier. On se le demande aussi… Quoiqu’il en soit, cette petite anecdote à ruiner tous nos efforts de la veille pour essayer d’adopter la meilleure attitude qui soit. Malgré tous nos efforts, nous restons profondément européens et nous n’avons pas l’habitude de contrôler toutes nos émotions.
Le service continue et petit-déjeuner vient accompagné d’une boisson: thé ou café.
Nous commençons à manger. Le goût est toujours là mais nos estomacs sont toujours bien pleins de la veille: nous avons un peu plus de mal à avaler nos plats. Aussi nous n’avons pas l’habitude de manger du poisson de bon matin et nous apprécions moins l’expérience que la veille au soir malgré le fait que ce doit être tout aussi bon. Nicolas qui avait aidé Kévin à finir son repas la veille n’est plus vraiment en capacité de l’aider. Le riz est rechigné mais le poisson est en partie mangé. Il donne tout pour finir ses assiettes et ne pas être irrespectueux envers le chef. Il ressort du repas rassuré que ce soit le dernier !

Ce n’est pas encore l’heure du check-out et nous aimerions nous promener un peu dans Hakone, autour du lac et dans les hauteurs pour espérer voir le Mont Fuji. Ce sera un peu short pour revenir avant l’heure du check-out alors nous demandons si nous pouvons laisser nos sacs. Ils nous confirment qu’il n’y a pas de problème et nous partons nous promener en tout légèreté.
Nous continuons d’abord à grimper une centaine de mètres au-dessus du ryokan. Cet endroit offre normalement un point de vue sur le Mont Fuji et nous sommes chanceux: le Mont Fuji est quasiment intégralement recouvert de nuages mais son sommet reste encore visible, on y aperçoit la neige qui y est déjà revenue.
Nous redescendons ensuite au niveau du lac Ashi et nous espérons aller faire la photo que tout le monde veut faire au niveau de la torii mais la file d’attente est monstrueuse. Il y a au moins 30min-40moin d’attente et nous préférons passer notre chemin. Nous retournons au ryokan pour y récupérer nos sacs. Nous demandons à Elie si nous pouvons prendre une photo avec elle et son magnifique kimono. Elle accepte avec plaisir.

Notre avis

C’est une expérience à part entière vraiment typique au pays que nous avons apprécié faire mais que nous ne ferions probablement pas une seconde fois car cette première expérience a répondu à toutes nos attentes.

L’accueil est fidèle à la réputation des japonais et vous y serez traités comme des rois. C’en est même un peu déroutant par moment mais cela donne un très bon aperçu du tatemae.

La nourriture kaiseki est selon moi une expérience à vivre même si elle est onéreuse. Il n’est pas obligé de passer par un ryokan pour ce genre d’expérience mais les restaurants offrant cette expérience seront chers également.

Les bains étaient appréciables mais finalement nous n’y avons passé que peu de temps. Pour ceux qui ont déjà été dans des sources chaudes en montagne, l’expérience est assez similaire avec l’odeur de soufre en moins. C’est tellement chaud qu’on n’y reste pas si longtemps mais en hiver l’expérience doit avoir une toute autre saveur.

Côté pratique

Quel est le nom du ryokan que nous avons testé ?
Le ryokan s’appelle le Hananoyado Fukuya à Hakone. Il est très bien situé au niveau du lac Ashi et pour voir le mont Fuji. Ce qui nous a attiré c’est son bain privatif extérieur mais également les excellentes notes données par les précédents voyageurs.
Ci-après, vous trouverez le lien Google maps: https://maps.app.goo.gl/3QuGDXVc9jgKFe8n8

Comment cela se passe-t-il pour les repas sans-gluten ?
Nous les avons notifiés dès le moment de la réservation. Bien que nous ayons déjà spécifié ce que cela impliquait, ils nous ont demandé des précisions ce qui nous a rassuré d’emblée et a confirmé leur sérieux. Nous leur avons renvoyer un mail quelques jours avant notre venue. A notre arrivée, nous avons eu un peu peur que le message ne soit pas bien passé mais cela était juste dû à un problème de communication. A chaque service, ils spécifiaient que tel ou tel plat avait été préparé spécialement pour Eva en prenant de la sauce soja sans-gluten ou en enlevant certains éléments. Cela ne s’est jamais fait au détriment du goût.
D’après les retours d’autres voyageurs, ils peuvent aussi s’adapter à des régimes végétariens.

Quel est le prix ?
Nous y sommes allés fin octobre 2023 et cela nous a coûté 275€/nuit/personne. Nous avons procédé à la réservation plusieurs mois à l’avance. Sachant qu’un repas kaiseki « authentique » coûte environ 100€, cela explique totalement le coût d’une telle nuit. Après ça se réfléchit et ça s’ajoute au prix du billet d’avion qui est non-négligeable. Et surtout ça dépend de ce que vous voulez faire.
Nous avons procédé à la réservation via booking: lien booking.

Comment s’y rendre ?
Cela dépendra grandement de là où vous venez bien sûr.
Nous venions de Takayama et cela nous a pris quelques 5h et les billets de train ont été couverts par le JR pass que nous possédions.
Nous avons simplement dû payer le prix du billet de bus partant de la station de Odawara et allant jusqu’à Hakone. Il s’agit de la Hakonetozan line et cela nous a coûté environ 890¥ soit environ 6€.


COMMENTAIRES

Laisser un commentaire